Bien que l’architecture connaisse une métamorphose au Congo, la culture des services de l’architecte n’est pas encore bien encrée dans les habitudes de la population. Ils sont très peu nombreux ceux qui recourent à un architecte pour leur projet de construction. Il suffit pour la plupart d’agencer des pièces les unes à coté des autres et d’avoir un contre maître expérimenté pour se passer de l’architecte et ainsi ‘’épargner ‘’ une bonne somme d’argent.
On fait appel à l’architecte uniquement quand il s’agit des grandes constructions. Pour des projets moyens comme les maisons, seul un pourcentage très faible de la population, pour la plupart des nantis ‘’évolués’’, peuvent consentir à s’offrir les services de qualité d’un génie des bâtiments.
Cependant, dans la construction, qu’il s’agisse d’une fosse septique, d’une guérite, ou d’un complexe sportif ou hôtelier, il n’est pas seulement question d’agencement des pièces, mais de bien plus. Il y a des normes à respecter, un style à adopter, une marge de sécurité et des contraintes à prendre en compte, des calculs à faire, pour ne citer que cela. Naviguer entre ces concepts sans perdre le nord et ressortir une idée adéquate relève d’une habilité exceptionnelle que possède un architecte bien formé et compétant.
Voila pourquoi faire intervenir un architecte dans son projet de construction n’est pas facultatif, encore moins une perte d’argent. C’est une obligation nécessaire et salutaire. Par comparaison, faire bâtir un édifice sans recourir aux services d’un architecte c’est comme se faire opérer par un mécanicien. Non seulement que c’est insensé, mais aussi c’est prendre des risques énormes qui seraient fatals.
Face à ce problème, et tant d’autres, des voix s’élèvent pour dénoncer et demander des réglementations. Le gouvernement devra mettre en œuvre une politique pour promouvoir le rôle de l’architecte dans tout projet de construction. L’octroi des autorisations de bâtir devra être soumis à des conditions telles que présenter des plans architecturaux faits par un architecte reconnu ou un bureau compétant en la matière (avec preuves). Mais aussi l’application des mesures devra être sujette à un suivi rigoureux et sans complaisance.
Les architectes aussi, pour le part, devront se mobiliser pour réglementer leur profession à mesure de leur pouvoir et dénoncer sans complaisance tout acte allant en l’encontre des valeurs de déontologie et ne respectant pas les normes applicables en la matière. Ils devraient aussi faire pression sur le gouvernement pour la remise en question des lois dans la matière. Ainsi, nous espérerions accomplir notre noble métier dans la tranquillité et le respect des lois !